Voir Canada - November 10, 2005


Albums

Songs

Concerts

Press

by Grégory Lemay

Le Cri de Chris 
 
Chris de Burgh: "Avant d'être sur la scène, je me suis donc produit des 
centaines de fois dans des salles de séjour, seulement avec ma guitare." 
 
Chris de Burgh est toujours à la barre de son bateau musical. Tel un 
bon capitaine parcourant les mers du monde à la rencontre de l'Autre, 
il arrive à Ottawa précédé de son disque Live in Dortmund.

Ressort de cet album double un incroyable sens mélodique porté par une 
voix de flammes bleues qui cherchent les étoiles. Un air ou un autre 
peut nous arracher l'exclamation "C'est de lui, ça aussi!", ou bien 
nous ramener, un peu comme la madeleine de Proust, à l'ado qu'on était 
sur la banquette arrière, en route vers un souper familial redouté, 
honteusement bercé et consolé par cette musique qui remplissait 
l'habitacle.
Sur les 33 plages (qui comprennent des interprétations de son plus 
récent album studio, The Road to Freedom, mais surtout de nombreux 
succès comme Don't Pay the Ferryman, High on Emotion, Natasha Dance, 
sans oublier le fameux Lady in Red), 18 - difficile de résister à la 
tentation de les dénombrer! - laissent entendre la foule allemande 
suivre la cadence en tapant des mains, sorte d'accompagnement rythmique 
adorateur. Sans compter les explosions d'applaudissements qui bornent 
les chansons et les moments de chant à l'unisson.

De son bureau de Dublin, sur la ligne du fax qu'il a convertie au 
téléphone pour l'entrevue, l'auteur de Patricia the Stripper nous 
apprend ce qui est difficilement perceptible à l'écoute du disque, à 
savoir que son public danse et pleure, aussi.

"Les gens qui viennent à mon concert y sont pour 2 heures 30. Ils y 
sont ailleurs, dans un endroit différent - lorsqu'ils franchissent la 
porte pour sortir, peut-être qu'ils emmènent ce sentiment avec eux dans 
la dure réalité? -, mais ce n'est pas loin, ce n'est pas un  
faux monde de couleur rose, c'est encore la réalité."

L'Irlandais d'adoption né en Argentine de parents anglais poursuit en 
solo, sans le band canadien qui l'a accompagné pendant 17 ans, son 
fabuleux folk romantique digne du château irlandais - converti en hôtel 
- où il a grandi. 

"Grandir dans un endroit comme ça et être conscient des centaines 
d'années derrière, c'est une chose extraordinaire. L'autre chose est 
que quand on avait des clients, j'ai pu apprendre à faire des concerts. 
Avant d'être sur la scène, je me suis donc produit des centaines de 
fois dans des salles de séjour, seulement avec ma guitare. Quand tu as 
15 ou 16 ans, c'est une formidable façon de rencontrer des filles, tu 
sais."

Aujourd'hui, lorsqu'on rappelle au célèbre chanteur que sa fille, 
Rosanna Davison, a remporté le concours Miss World 2003, il échappe un 
rire de fierté bienveillante qui vient comme survoler sa gratitude 
générale. "Ça revient constamment dans mon travail: donner quelque 
chose en retour pour le futur." 

Le 12 novembre à 20 h
Au Centre civique d'Ottawa




Questions or comments?

File last modified on August 26, 2006